LOUIS CHADOURNE OU HENRY J.-M. LEVET ?

Publié le par pierre escaillas

           Louis Chadourne avait-il eu connaissance des "Cartes Postales" de Levet ? A lire ses "West-Indies" on pourrait le penser. Et pourtant Bernard Delvaille, dans sa préface à ces mêmes "Cartes Postales" (éditions Poésie/ Gallimard), écrit : " Il faut penser, comme il en est pour les découvertes scientifiques, que les recherches poétiques sont discrètement, tacitement, parallèles".
"C'est vous qui voyez" dirait Régis Laspallès...

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WEST - INDIES


Trinidad ! nous irons si vous voulez bien,
Arabella, darling,
Faire un tour en voiture autour de la Savane
Cependant que Monsieur votre père entre au club
Et sous la véranda sanglante d'hibiscus
Hume le whisky frais et mâchonne un havane !

Arabella, darling ! le ciel tendre s'irise,
Un arc-en-ciel marin a fleuri sur sa tige
Et l'église anglicanne entre les lataniers
Soupire à l'harmonium un psaume familier.
Arabella ! songez à la douceur de vivre
Et distillez pour moi ce ciel : West-Indies.

Des coolies jaunes et bleus
Ont traversé la pelouse
Voici venir deux par deux
Dans leurs gaines de mousseline
Les demoiselles sapotilles.

Arabella, darling ! nous irons
Respirer l'odeur des épices
Dans la belle boutique de Canning
Qui sent le ginger ale et la pomme cannelle.

Arabella, vous êtiez bien trop sage,
Pour regarder de mon côté
Quand je vous ai croisée dans le parc du gouverneur

Je ne vous connais pas, Arabella, ma soeur,
Votre sourire est pour tous les joueurs de cricket.
Pour les boys sur le court, en manches de chemises
Non pour le voyageur qui s'attarde et regrette.

La montagne s'est casquée
D'un lourd capuchon de cuivre.
La sirène du bord vibre !
Voici l'heure d'embarquer.

Plus tard, je dirai  "C'était à la colonie ...
Un soir d'octobre doux comme un soir de France,
Un soir à Trinidad, aux Antilles Anglaises,
Arabella, mon coeur, revenait du tennis."

Et maintenant, larguez l'amarre. En douce !
Trinidad, mon coeur, perle du Tropique
Brûle d'un feu vert au coeur de la nuit.


Louis Chadourne.

 

Publié dans L. CHADOURNE

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