PANAMA

Publié le par pierre escaillas

 

Nous avions laissé Phelps Morane à l'équateur,  en route pour Rio de Janeiro et Buenos-Ayres. De là, par avion, il rejoint le Chili puis l'Equateur d'où il s'embarque pour New-York via le canal de Panama.


PASSAGE DU CANAL

 

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Ecluses. Des portes

silencieuses, fortes,

tournent sur d'invisibles gonds.

Rien qui grince, pas un bruit. Tout glisse

sans hâte, sans trève,

cependant que monte du fond

ce long remous qui nous soulève,

paquebot de vingt mille tonnes,

sur l'eau lisse

qui se plisse

et tourbillonne.


Nous montons

sur l'onde

profonde

qui gonfle.

Tours, signaux, turbines;


de courtes machines

qui roulent sur rails

nous entraînent, lentes,

remontent la pente,

font leur travail

sans aucun bruit.
Seules les chaudières du vaisseau ronflent,

le géant inactif bougonne et suit.


Mince zone du Canal,

civilisée,

basse, rasée, motorisée,

étroit chenal.


Mais là, tout près,

sauvage et jamais vaincue,

aux aguets, infranchissable,

immobile et implacable,

règne la jungle éperdue

dont la perfide verdure,

tendant son filet fatal,

saisit ceux qui s'aventurent

et sous mille morsures

sûrement les tue.


Telle qu'on la voit du pont

elle n'est que masses vertes

qui s'assoupissent inertes

sous l'étincelante malédiction

du soleil écrasant dont les rayons

sur la poupe découverte

brûlent mes yeux

de leurs feux.


Les machines vont,

nous prennent

et sans jamais perdre haleine

nous emmènent et s'en vont.


                        Phelps Morane

                               Départs et Escales


Publié dans PHELPS MORANE

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