RETOUR DU CATHAI PAR LES MESSAGERIES MARITIMES
Repu d'opium et de thé, P.-J. Toulet prend le chemin du retour. Parenthèse : ceci me rappelle la chanson du marin corse, retour du Cathai lui aussi, mais repu de riz :
Depuis que vers la Corse je fais route
Vois-tu, la terre jaune me dégoûte
Leur sale nourriture de riz bouilli
Ne vaut pas la polenta du pays.
Refrain, tous en choeur :
Tes yeux noirs qui me fichent la frousse
Tes dents blanches comme la mousse
Ton accent qui chavire les coeurs
Aie pitié de ton navigateur
La prochaine fois, je vous chanterai La Boudeuse...
Oui bon, revenons vers notre ami Toulet. A mon avis, ce jour là, il n'avait pas bu que du thé et peut-être avait-il un peu trop tiré sur le bambou :
Vous qui retournez du Cathai
Par les Messageries
Quand vous berçaient à leurs féeries
L'opium ou le thé,
Dans un palais d'aventurine
Où se mourait le jour
Avez-vous vu Boudroulboudour,
Princesse de Chine,
Plus blanche en son pantalon noir
Que nacre sous l'écaille ?
Au clair de lune, Jean Chicaille,
Vous est-il venu voir,
En pleurant comme l'asphodèle
Aux îles d'Ouac-Wac,
Et jurer de coudre en un sac
Son épouse infidèle,
Mais telle qu'à travers le vent
Des mers sur le rivage
S'envole et brille un paon sauvage
Dans le soleil levant ?
P.-J. Toulet.
R.d.V sur : http://lalicorne.canalblog.com
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