Sur l'ERNEST-SIMON avec Ysé et Paul Claudel
A peu près à la même époque où Henry J.-M. Levet, retenu à bord de l'Armand-Béhic par la Santé, contemplait Port-Saîd depuis le pont promenade, Paul Claudel, en route vers le Japon sur l'Ernest-Simon ( il y connut, paraît-il, le grand amour ), approchait du phare de Minicoï, ilôt perdu au nord des Maldives mais amer remarquable sur la route d'Aden vers le détroit de Malacca.
PARTAGE DE MIDI
...sur le pont d'un grand navire...
YSE
Ah qu'il fait chaud ! Combien de jours encore jusqu'au feu de Minnicoï ?
MESA
Je me rappelle cette petite veilleuse sur les eaux
. . . . . . . . . . .
MESA
Les jours sont si pareils qu'on dirait qu'ils ne font qu'un seul grand
jour blanc et noir.
AMALRIC
J'aime ce grand jour immobile. Je suis bien à mon aise. J'admire
cette grande heure sans ombre.
J'existe, je vois,
Je ne sue pas, je fume mon cigare, je suis satisfait.
Paul Claudel. Partage de midi
