SAMOA
Samoa a été écrit à bord du M/S DEGAS, navire de la Cie des Messageries Maritimes, par mon collègue Radio Hubert Masi qui, entre deux points et deux traits, taquinait Erato. Et bien que les stations radio des navires soient des cages de Faraday, vous pourrez constater que le souffle et la verve poètiques réussissaient à s'y infiltrer avec bonheur.
Wikimedia. Photo Fanny Schertzer
Samoa

Et nous verrons passer au loin les frais rivages
Débordant de senteurs de rêves inassouvis
Perdus sur nos vaisseaux emportés par les vagues
Nous ferons sans répit la route de l'ennui
Lifou, Tahaa, Ambrym, Samoa le mirage
Emplie de femmes fleurs, aperçue, évanouie
Dans l'étrave impérieuse de ces nouvelles barges
Mais rien, l'argent, l'orgueil ne comblera nos nuits
Sous la lueur d'Antarès, sous Véga de la lyre
Sommes nous nés trop tard dans ce monde effréné ?
Sur les pas de Wallis, Lapérouse, Bougainville
Nous avons tout perdu, voulu tout oublier
Il nous faudra pourtant un jour reprendre haleine
Nous arrêter de geindre, pleurer et grimacer
Devoir abandonner nos attitudes vaines
Explorer le grand rien d'où on nous a hissés
Hubert. Degas 10/78.
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