Jeudi 6 septembre 2007
4
06
/09
/Sep
/2007
14:36
Toujours avec F. Pessoa et son "Ode Maritime"...
Ah, les paquebots, les charbonniers, les navires à voile,
Se raréfient, pauvre de moi ! les navires à voile sur les mers !
Et moi, qui aime la civilisation moderne, moi qui baise
de l'âme des machines,
Moi l'ingénieur, moi le civilisé, moi élevé à l'étranger,
J'aimerais n'avoir encore sous les yeux que des voiliers
et des bateaux en bois,
Ne connaître d'autre vie maritime que l'antique vie des mers !
Parce que les mers anciennes sont la Distance Absolue,
Le Lointain pur, libéré du poids de l'Actuel ...
Et, las ! Comme tout ici me remémore cette vie meilleure,
Ces mers, plus vastes, parce qu'on y naviguait plus lentement,
Ces mers mystérieuses parce que moins connues ...
Fernando Pessoa, Ode Maritime.
R.d.V sur les "Carnets de la Licorne" : http://lalicorne.canalblog.com
Par pierre escaillas
-
Publié dans : F. PESSOA
2
Mercredi 18 juillet 2007
3
18
/07
/Juil
/2007
17:32
Fernando Pessoa et son Ode Maritime : il y a si longtemps que M. Paul Petrogalli m'avait conseillé, dans un commentaire, d'en publier des extraits !
Il n'est jamais trop tard et je commence aujourd'hui...
Toute la vie maritime ! Tout dans la vie maritime !
Dans mon sang s'insinue cette séduction subtile
Et je rêve de voyages sur un mode indéterminé.
Ah ! Les lignes de côtes lointaines, aplaties par l'horizon !
Ah ! Les caps, les îles, les plages sablonneuses !
Les solitudes maritimes, comme certains moments dans le Pacifique
Où, par l'effet de je ne sais quelle suggestion apprise à l'école,
On sent passer sur les nerfs le fait que c'est là le plus grand des Océans,
Et le monde, et la saveur des choses deviennent un désert
au-dedans de nous !
L'étendue plus humaine, plus éclaboussée, de l'Atlantique !
L'Indien, de tous les océans le plus mystérieux !
O Méditerranée, douce, sans aucun mystère, classique, ô mer
Bonne à lécher des esplanades regardées par des statues blanches
en des jardins proches !
Toutes les mers, tous les détroits, toutes les baies, tous les golfes,
Je voudrais les presser sur mon sein, les bien sentir, et mourir !
Fernando Pessoa.
Ode Maritime.
Traduction Armand Guibert
Editions Fata Morgana.
Et aussi : "Les Carnets de la Licorne" : http://lalicorne.canalblog.com/
Par pierre escaillas
-
Publié dans : F. PESSOA
3
Mardi 19 septembre 2006
2
19
/09
/Sep
/2006
17:50
Escale à Lisbonne avec Fernando Pessoa*. Celà me donnera le temps de lire les quelques centaines de vers de l'Ode Maritime du même Fernando Pessoa mais écrite sous le pseudonyme de Alvaro de Campos. C'est M. Paul Petrogalli (cf. commentaire dans Le Barman) qui m'avait conseillé cet auteur et je le remercie ici de me l'avoir fait découvrir.
*F. Pessoa. Lisbonne, Ed. 10/18. Trad. Béatrice Vierne.
Illustration extraite du Courrier des Messageries Maritimes N°124, 120ème anniversaire.
Paquebot "Chili" devant Belem.
LISBONNE.
Pour le voyageur qui arrive par la mer, Lisbonne, même de loin, s'élève comme une ravissante vision de rêve, et se découpe clairement contre le bleu vif du ciel que le soleil réchauffe de son or. Les dômes, les monuments, les vieux châteaux font saillie au dessus du fouillis de maisons et semblent être de lointains hérauts de ce séjour délicieux, de cette région bénie.
.........une fois dépassée la tour de Bugio...,la tour de Belém et ses créneaux...
A mesure que le navire avance, le fleuve devient plus étroit, mais c'est pour bientôt s'élargir de nouveau et former l'un des plus vastes ports naturels du monde...Alors, à main gauche, les myriades de maisons agglutinent leurs vives couleurs sur les collines. Et voilà Lisbonne.
Fernando Pessoa.
Par pierre escaillas
-
Publié dans : F. PESSOA
0
Commentaires