ADIEU, CHARMANTES COUSINES...

Publié le par pierre escaillas

     Et pourquoi pas Jean-Jacques ? : il y a bien des bateaux suisses. C'est M. Robert Guyon* qui me fait parvenir cet extrait de La Nouvelle Héloïse (1761) et l'illustration est une couverture des listes de passagers que l'on trouvait sur les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique...
*Robert Guyon, Les bateaux de Blaise Cendrars. Editions Apogée.

Pierre Escaillas.


 

 

Il faut finir, je le sens. Adieu, Charmantes cousines, Adieu, Beautés incomparables. Adieu, pures et célestes âmes. Adieu, tendres et inséparables amies, femmes uniques sur la terre. Chacune de vous est le seul objet digne du coeur de l'autre. Faites mutuellement votre bonheur. Daignez vous rappeler quelquefois à la mémoire d'un infortuné qui n'existait que pour partager entre vous tous les sentiments de son âme et qui cessa de vivre au moment qu'il s'éloigna de vous. Si jamais...j'entends le signal, et les cris des matelots ; je vois fraîchir le vent et déployer les voiles. Il faut monter à bord, il faut partir. Mer vaste, mer immense, qui doit peut-être m'engloutir dans ton sein ; puissai-je retrouver sur tes flots le calme qui fuit mon coeur agité.

Jean-Jacqes Rousseau, La Nouvelle Héloïse, L. XXVI.
Ed. de la Pléiade/Gallimard.

Publié dans J.-J. ROUSSEAU

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