DES LE BERCEAU...

Publié le par pierre escaillas

 

      Si André Gide n'entre pas vraiment dans la catégorie des "poètes" il fût cependant un "voyageur maritime" : Egypte, Afrique du Nord, Afrique Occidentale. Le passage suivant est extrait de son "Voyage au Congo". Embarqué sur l'ASIE des Chargeurs Réunis pour rejoindre le Congo, il nous livre ici une très intéressante théorie sur le mal de mer.
Futurs marins, à vos berceaux !...Pour moi c'est trop tard.

                                                                          Pierre Escaillas.

                                                21 juillet 1925, troisième jour de traversée.

   Indicible langueur. Heures sans contenu ni contour. Après deux mauvais jours, le ciel bleuit; la mer se calme; l'air tiédit. Un vol d'hirondelles suit le navire.
   On ne bercera jamais assez les enfants, du temps de leur prime jeunesse. Et même je serais d'avis qu'on usât, pour les calmer, les endormir, d'appareils profondément bousculatoires. Pour moi, qui fus élevé selon des méthodes rationelles, je ne connus jamais, de par ordre de ma mère, que des lits fixes; grâce à quoi je suis aujourd'hui particulièrement sujet au mal de mer.
   Pourtant je tiens bon; je tâche d'apprivoiser le vertige, et constate que, ma foi, je tiens mieux que nombre de passagers. Le souvenir de mes six dernières traversées (Maroc, Corse, Tunisie) me rassure.

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Publié dans A. GIDE

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