LES ARCHIVES DE ZANZIBAR.

Publié le par pierre escaillas

 

 

A la mémoire
d'Antonio Joachim Salvador Pereira
né à Chinchinim ( Salsete Goa )






    






























Elles remplissent à éclater une bibliothèque vétuste dont le haut est vitré dans une chambre de la case baroque surchauffée pendant le jour.
    On y voit mourir un trafic,
    un port que les navires délaissent,
    un vieux contrat de fournitures étranges, signé en 1895, par Monsieur de Baillou qui avait un paraphe fleuri, et par El Hadj Chamis.

    L'ultime page du Livre de Caisse est tragique :
    le dernier mois on a dépensé 73 shillings pour trois télégrammes à Nairobi et 7/6 pour une souscription à la "Society for prevention of crualty to animals".

    Elles dorment. Le papier, sec, se casse.

    Mais la nuit, sans doute,
    hors du sommeil cataleptique des feuillets entassés et de l'infinie faiblesse des morts,
    se lèvent, pour errer à travers les salles vastes et sur la terrasse indienne,
    dans une atmosphère de sultanat arabe,
    de cocoteraie humide,
    de club anglais et de roupies de la Reine
    les fantômes verdâtres et "underpaid" de commis locaux gaonais.

Louis Brauquier.
Je connais des îles lointaines.
Poésies complètes.
Editions La Table Ronde.

Et aussi "Les Carnets de la Licorne" :  http://lalicorne.canalblog.com/
 

Publié dans L. BRAUQUIER

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