DEBARCADERES, LES POETES DU VOYAGE MARITIME.

                                                                 

 

 

Passagers réguliers ou occasionnels des Messageries Maritimes, de la Transat ou des Chargeurs Réunis, poètes-voyageurs éblouis de mer et de couleurs exotiques, ils nous ont laissé quelques ( trop rares ) traces de leurs périples. J'aimerais, à travers quelques citations de leurs oeuvres et des illustrations de mon cru, vous les faire (re ?) découvrir tout en espérant que vous m'en ferez connaître d'autres. Bon voyage.  Pierre Escaillas.
Pour voir les navires des Messageries Maritimes :
www.messageries-maritimes.org
 

 

Lundi 14 août 2006

   Entre Marseille et l'Australie (via Panama), Louis Brauquier a tout son temps pour observer un personnage incontournable du navire : le barman, à la fois oreille et bouche, accoucheur de confidences et diffuseur des petites nouvelles du bord. Et, en plus, il parle anglais (avec l'accent de Marseille).

LE BARMAN

Sur le zinc rutilant où, vainqueurs des névroses,
Dorment les gins dorés et le pâle soda,
Inquiet de son cocktail fameux que l'on vanta,
Le barman, docteur ès alcools, combine et dose.

Et tandis qu'il s'amuse aux couleurs qu'il dispose
Pour des sièges très hauts dans des verres très bas
Il apprend, malgré lui, que, si Lulu les a,
Simone qui vécut attend la ménopause

                                                                  Louis Brauquier
                                                               Et l'au-delà de Suez
 

 RdV sur : Les Carnets de la Licorne ( Messageries Maritimes )

http://lalicorne.canalblog.com/

Par pierre escaillas - Publié dans : L. BRAUQUIER
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Samedi 12 août 2006

   En 1924, Blaise Cendrars embarque au Havre sur le Formose, paquebot mixte de la Cie des Chargeurs Réunis. En mer, ou lors des escales du navire qui l'emmène jusqu'à Santos au Brésil, il écrit ces petits poèmes qui deviendront ses Feuilles de Route.    

LA CABINE N°6

Je l'occupe
Je devrais toujours vivre ici
Je n'ai aucun mérite à y rester enfermé et à travailler
D'ailleurs je ne travaille pas j'écris tout ce qui me passe par la tête
Non tout de même pas tout
Car des tas de choses me passent par la tête et n'entrent pas dans ma cabine
Je vis dans un courant d'air le hublot grand ouvert et le ventilateur ronflant
Je ne lis rien

Blaise Cendrars
Feuilles de Route
I. Le Formose

A ce sujet, voir l'ouvrage de Robert Guyon, aux Ed. Apogée : Echos du bastingage, les bateaux de Blaise Cendrars.
                                                                                                               Pierre Escaillas.
Et rendez-vous sur Les Carnets de la Licorne :

http://lalicorne.canalblog.com/

 

Par pierre escaillas - Publié dans : B. CENDRARS
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Jeudi 10 août 2006

  

  Mais oui, c'est lui, c'est notre ami Jean-Marie, Henry
Jean-Marie  Levet
! Côté Atlantique cette fois. Lui est
vice-consul  à Las  Palmas et son héros  sous-adminis-
trateur des Colonies à Brazzaville.Pour une fois l'amour
est au rendez-vous : pas pour le Vice-Consul mais pour
le  Sous-Administrateur. Quand  même,  c'est  toujours
mieux  que Miss Marshall et son piano ou  que la  Miss
Roseway et son fiancé australien (cf. Port-Saïd en rade 
et Outwards ). Bon, il y a toujours un  peu de spleen et
de mélancolie mais Levet  réprouve certaines méthodes
coloniales, ce qui est assez courageux pour l'époque.
                                                
                                                      P. Escaillas.
 


AFRIQUE OCCIDENTALE

Dans la vérandah de sa case, à Brazzaville,
Par un torride clair de lune congolais
Un sous-administrateur des colonies
Feuillette les "Poésies" d'Alfred de Musset. . .

Car il pense encore à cette jolie Chilienne
Qu'il dut quitter en débarquant, à Loango. . .
- C'est pourtant vrai qu'elle lui a dit "Paul, je vous aime"
A bord de la Ville de Pernambuco.

Sous la panka qui chasse les nombreux moustiques
Il maudit "ce rivage où l'attache sa grandeur",
Donne soupir à ses amours transatlantiques,
Se plaint de la brusquerie de M. le Gouverneur,
Et réprouve d'une façon très énergique
La barbarie des officiers envers les Noirs. . .
Et le jeune et sensitif fonctionnaire
Tache d'oublier et ferme les yeux. . .

"Regrettez-vous le temps où le ciel sur la terre
Marchait et respirait dans un peuple de dieux,
Où Vénus Astarté, fille de l'onde amère...?"
   

Henry Jean-Marie LEVET. 

Et R-d-V sur Les Carnets de la Licorne :
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Par pierre escaillas - Publié dans : H.J.M LEVET
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Mercredi 9 août 2006

   Blaise Cendrars, après une longue et agréable traversée sur le M/S FORMOSE, arrive à Rio de Janeiro ou à Santos. C'est l'occasion pour inscrire sur ses Feuilles de Route une carte postale intitulée "Sur rade" dont voici un extrait. 

SUR RADE. 

On a hissé les pavillons
Le jaune pour demander la visite de la Santé
Le bleu pour demander la police
Le rouge et blanc pour demander la douane

Celui constellé des Chargeurs Réunis
Et le bleu blanc rouge
Et le brésilien
Il y en a encore deux que je ne connais pas
.....................
Le soleil tape
Un aigle tombe

Blaise Cendrars
Feuilles de route, I/Le Formose.

          R.d.V sur "Les Carnets de la Licorne" : http://lalicorne.canalblog.com/     
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Par pierre escaillas - Publié dans : B. CENDRARS
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Mardi 8 août 2006


   Louis Brauquier et son barman (cf. Le Barman) arrivent à Panama. Avant de poursuivre vers le Pacifique, dans Eau Douce pour Navires, il prend le temps d'un long poème sur Panama. Extrait :

...............................
A onze heures du matin
Il fait chaud dans le cimetière
De Panama.

Il y a beaucoup de Français
Cachés sous les pierres tombales,
Dans une écoeurants chaleur.
Ils s'appelaient Ernest, André
Etaient nés à Auch dans le Gers,
A Nomeny, Meurthe et Moselle.

A onze heures du matin
Il fait chaud dans le cimetière
De Panama.
Ils sont tous morts en même temps.
81-85.
Ils sont morts de la fièvre jaune
Et du Canal inachevé
.....................................

Louis Brauquier.
Panama. Eau douce pour navires.


Canal de Panama. Passage de la Culebra. Photo Pierre Escaillas

 Louis Brauquier/ Je connais des îles lointaines. Poésies complètes. Ed. de la Table Ronde.
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Par pierre escaillas - Publié dans : L. BRAUQUIER
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